Counters ★★★½

Une histoire incroyable, où l'on se dit: "Il n'y a vraiment qu'au Japon"...
Au Japon, justement, où (tout comme ailleurs il est vrai) grâce à la liberté d'expression protégée par la constitution des groupes nationalistes tiennent dans la rue des propos incitant à la haïne et à la destruction de la communauté Coréano-Japonaise. Communauté qui s'est formée lorsque le Japon, justement, avait occupé la Corée.
Mais pas tous les Japonais sont d'accord avec les discours racistes de ces groupes d'extrême droite, et certains d'entre eux organisent des contre-manifestations, les contrant avec des hauts-parleurs et des slogans allant dans un tout autre sens: ce sont les "Counters", justement.
C'est là que les choses deviennent vraiment intéressantes. Un personnage très particulier fait son apparition: Takahashi, ancien Yakuza, on pourrait s'attendre à qu'il soit plutôt du côté de l'extrême droite. C'est oublier un peu vite que les Yakuza, bien que criminels, ont un sens de l'honneur et une morale qui leur est certes propre mais très forte. Takahashi décide donc de rejoindre les Counters, mais avec lui la confrontation avec "ceux d'en face" devient concrète, physique et violente.
Soigner le mal par le mal? Ce serait sans compter sur la complexité du personnage, qui finira par s'entourer d'un improbable amalgame de stratèges, journalistes, avocats et même politiciens qui parviendront à transformer ultérieurement l'action des Counters rendant l'emploi à la violence physique de moins en moins nécessaire.
Un documentaire pas toujours aisé à regarder (en particulier l'aspect son aurait dû être un peu plus soigné pour ne pas devenir distrayant par moments), mais qui illustre fort bien un aspect complexe de la société nippone.