Annette

Annette ★★★★

Séance assez spéciale déjà parce ça faisait longtemps que j’étais pas allé au cinéma et parce que je viens de me faire VIRER (réconfortez moi les filles, les pieds blabla rimjob blablabla bref vous connaissez maintenant). 

La séance a donc eu un gros impact sur moi après est ce que c’est lié qui sait... déjà le côté conte opératique ça me prend direct aux tripes. Pour moi lorsque c’est bien fait c’est le meilleur registre pour parler d’amour et/ou de l’art directement. Carax nous fait perdre pied pendant le film, il s’interroge sur la dose de réel que met un artiste dans son art et ici celle que mettent les deux personnages principaux est totale. Fiction et réalité se mêlent ne laissant plus qu’un monde où même l’amour devient inquiétant. Plus le film avance et plus Adam Driver (il a une sobriété magnétique absolument folle) s’enfonce dans son manque de confiance en lui qui va lui faire tout perdre, le noir et le vert deviennent omniprésent et engloutissent la blancheur pure d’Ann et Annette. Henry ne peut pas s’empêcher de contaminer tout ce qu’il touche, finalement rien ne lui appartient vraiment que ce soit son succès ou son enfant (bien représenté par le fait que ce soit une poupée, tout est factice/éphémère dans sa vie). Il a ce besoin de tout contrôler par peur que ce qu’il aime lui échappe et ça n’a comme résultat que l’effet inverse. C’est qu’une fois tout perdue qu’il se rend compte de ses erreurs et se met à avoir peur qu’Annette ,elle aussi, se mette à regarder les abysses. 

Finalement, même si sa mise en scène est grandiloquente et que l’on sent que Carax (comme à son habitude) est d’une générosité folle dans ses artifices, j’ai comme le sentiment d’avoir assisté à un film assez sobre. Déjà, grâce aux interprétations du duo mais aussi les chansons qui ont un côté pas moues mais retenues je dirais. Ce qui ,finalement, est plutôt en lien avec la psychologie de ses personnages qui ,malgré l’univers fou dans lequel ils évoluent, restent humains et ont comme beaucoup de gens du mal à exprimer ce qu’ils ressentent ou lorsqu’ils vont le faire vont passer par des détours (l’humour par exemple... je suis pas concerné non...). 

J’aime beaucoup la critique que fait Carax aussi bien du public/médias que des artistes, il ne prend pas de partie et ça tombe jamais totalement dans quelque chose à charge. Bon le show-business c’est les choses que l’on revoit vraiment souvent le fait d’être capable de tout pour s’assurer une place en pleine lumière ce qui finalement les poussent encore plus dans les ténèbres (wow c’est trop bien dit ça Julien t’es trop beau, viens là grrrr). Puis le public qui est capable de t’aduler pour une raison et de te détester le lendemain pour celle-ci. Bref bien aimé 🤠.

j_chr liked these reviews