Bell, Book and Candle ★★★½

En tout cas, c'était vraiment l'fun de voir un vrai bon film de sorcières (*cough, looking at you Suspiria, cough*).

Mais plus sérieusement, j'avais oublié que c'était un film de Noël! Quelle belle surprise en faisant mes boîtes, alors que j'avais choisi le film juste pour voir Kim Novak en awesome sorcière qui ensorcelle James Stewart avec son chat siamois (avouez que vous êtes hooked, là!). 'Stie que c'est sympathique! C'est un film que j'aime vraiment beaucoup, pour plusieurs raisons: j'ai un amour féroce pour le sitcom Bewitched, dont j'ai regardé toutes les saisons lorsque j'étais enceinte et qu'Agathe était bébé, et Bell, Book and Candle est un peu une espèce de prédécesseur spirituel à Bewitched (comme I Married a Witch de René Clair avec Veronica Lake, par ailleurs). Et puis, c'est aussi le film qui m'a réconciliée avec Kim Novak, que je trouve aussi belle et fascinante dans Bell, Book and Candle qu'épouvantablement laide dans Vertigo (scusez, c'est pas ben gentil).

Mais, mais, autant je trouve que c'est vraiment super bien comme film de sorcières, autant la fin me déçoit à chaque fois. Et je finis toujours par l'oublier un peu, c'est-à-dire par oublier ce sentiment aigu de déception que je ressens lorsque le film gâche avec cette fin plein de choses intéressantes qu'il a installé pendant 80 minutes, à cause de ce qu'elle signifie et implique, cette maudite fin. Faque, pour vous mettre en contexte, c'est [SPOILERS] l'histoire de Gillian, une sorcière qui vit dans le même immeuble que sa tante (elle aussi sorcière) et que James Stewart, à qui elle décide de jeter un sort pour le faire tomber amoureux d'elle. Ça fonctionne, mais là houpelaye, Gillian aussi tombe amoureuse de Jimmy, faque (retournement de situation), elle perd ses pouvoirs de sorcière. Son chat s'enfuit, elle peut pleurer et rougir, et elle n'est plus une sorcière, elle est une humaine.

... C'est tellement wrong. C'est terrible de penser que Gillian ne pouvait qu'être soit une sorcière incapable d'aimer, soit une humaine amoureuse d'un homme. Et mettons que ça se voudrait critique (par exemple de dire: les femmes renoncent à leur indépendance et à "leurs pouvoirs" en tombant amoureuses des hommes, c'est-à-dire en étant en couple avec des hommes, plutôt), le film aurait quand même eu la perversité de faire dire à Kim Novak, en larmes, des remerciements à James Stewart pour l'avoir rendue malheureuse, car t'sais, c'est wonderful d'être en amour et de pleurer sur lui, elle ressent des choses maintenant, elle était bored quand elle était une *juste* sorcière. Faque ouin, ça, ça me plait pas. J'aurais aimé autre chose, une fin où Kim Novak n'aurait pas eu à s'abaisser comme ça (alors qu'elle est vraiment un beau personnage, toute fière, indépendante et intouchable) et où elle n'aurait pas eu à renoncer à ses pouvoirs "au nom de l'amour"; elle méritait mieux que ça (voyez, dans Bewitched, ils ont réglé le problème: le mari cherche constamment à enfermer Samantha dans leur maison et dans une position de femme au foyer ordinaire, mais il finit toujours par être le dindon de la farce et par se faire humilié de manière grotesque et loufoque).

Mais bon, j'ai quand même envie de vous dire de voir le film, même s'il perd une demi-étoile pour cette fin que je digère jamais, parce que c'est très charmant (pis t'sais, c'est Kim Novak pis James Stewart).

P.-S.: Si j'adopte un autre chat un jour, je l'appelle clairement Pyewacket.