Singing in the Wilderness

Singing in the Wilderness ★★★½

Le génie du film réside dans la subtilité avec laquelle il formule sa critique de l’opportunisme et de la misanthropie capitaliste et politique qui caractérisent la Chine contemporaine. La réalisatrice Dongnan Chen s’intéresse pour ce faire à un chœur chrétien hyper talentueux constitué de fermiers et de fermières miao, peuple montagnard de seconde classe qui réside notamment dans les sommets inhospitaliers du Yunnan. Ils sont beaux et touchants, les choristes, et on aimerait que le « success story » qu’on voit à l’écran leur soit véritablement profitable. La vérité, c’est qu’on les voit en fait se faire plumer par tout le monde…

Les Miao sont déjà l’un des peuples les plus pauvres de Chine, et pour peu qu’ils fassent quelque chose d’extraordinaire, une chorale par exemple, on les saigne encore plus. On commercialise leur acte, on les amène sur le plateau de The Voice, on vend des cossins à leur effigie, on achète même des parties de leurs terres pour y construire des propriétés, qu’un investisseur fauché laissera finalement en plan. C’est fuckin’ dégueulasse, mais en même, temps, c'est tellement symptomatique de notre époque...

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